19.06.2006

Introduction

La France possède une gamme très variée d’espaces naturels, dont une faible partie est soumise à un règlement de protection (sites classés, parcs naturels, réserves naturelles...). Le développement du tourisme représente à la fois une menace de dégradation des milieux et des paysages, et une source de valorisation du patrimoine naturel. De nombreux sites protégés de montagne posent ainsi des problèmes de préservation.

Le Pré de Madame Carle (1840 m), situé dans le Parc National des Écrins, au pied du Glacier Noir et du Glacier Blanc dans les Hautes Alpes, illustre ce phénomène. Principalement utilisé comme base de départ pour les randonnées et les courses en montagne, il permet d’approcher en voiture l’un des panoramas les plus grandioses des Alpes françaises, en accueillant chaque année plusieurs centaines de milliers de visiteurs.
Les conséquences sur la flore propres aux lieux de fortes fréquentations ont été très rapidement observées pour faire l’objet de prise de mesures. En 1999, la zone de stationnement est aménagée, et les équipements d’accueil sont améliorés. Mais l’accueil prolongé des visiteurs pose encore de sérieux problèmes quand, en période estivale, le refuge du Glacier Blanc (2542 m) et le refuge des Ecrins (3175 m) ne suffisent plus pour répondre à la demande du tourisme massif.

En s’inscrivant dans une préoccupation contemporaine, mon travail de fin d’études soulèvera ainsi la question difficile de l’adéquation entre une activité touristique et la protection d’un site naturel.
La problématique repose alors sur la gestion et l’accueil prolongé de ce site, et la bonne mesure à trouver pour que ce milieu naturel de montagne puisse constituer un lieu de projet adapté.
Comment peut-on agir dans un site protégé sans le déséquilibrer ? Comment participer à sa préservation par des interventions précises? Peut-on envisager de réaliser l’ambition du « tourisme durable » par la régulation ?

En montagne, l’implantation de la plupart des refuges a été liée à la pratique de l’alpinisme classique. Aujourd’hui, les refuges sont devenus pour la majorité des gens un but de balade et ne peuvent donc plus fonctionner de la même manière. On assiste à une réelle mutation en ce qui concerne les normes d’hygiène et de confort.
Parallèlement à ce phénomène, les équipements de bivouac deviennent de plus en plus légers et performants, et offrent la possibilité aux alpinistes et grands randonneurs de ne plus s’arrêter en refuge, jugé alors trop cher et sur-fréquenté.
La problématique de l’étude consiste à offrir une alternative répondant aux attentes des pratiquants de la montagne fuyant les « refuges - hôtels », et ne cherchant pas prioritairement le confort.

La recherche pose ainsi les questions de rapport au paysage, du petit face à l’immensité, de la préservation d’un équilibre naturel, et du rapport entre nature et architecture. Deux niveaux d’étude doivent alors être pris en compte :

- à l’échelle du site : une organisation globale, en terme de gestion de l’accueil, de l’accès, des circulations, ainsi que des zones de repos/observations, qui ponctuent le parcours du visiteur.

- à l’échelle de l’homme : l’intégration d’une alternative au « refuge-hôtel » se traduit par un module écologique autonome, préfabriqué, transportable et adapté à la haute montagne. C’est ainsi l’occasion de travailler les thèmes de l’individuel et du collectif, en partant de la cellule minimum et des besoins d’un refuge. Tout en s’intégrant au site dans une démarche environnementale, ce module de 5m par 5m maximum, capable d’accueillir 8 personnes, sera un repère pour les alpinistes.

Avant de proposer une alternative, il est essentiel d’explorer le monde des refuges, de la montagne et des alpinistes. Une documentation sur le sujet, un vif échange avec les utilisateurs, et une expérience personnelle de randonnée glacière précèderont le projet et illustreront le rapport de présentation.

12:32 Publié dans Le mémoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Le refuge

medium_8refuges_copie.jpg



« Bâti de pierres, tendu de toile ou tissé de rêve, tout refuge est d’abord un refuge imaginaire. Contre le froid, la nuit, la peur. Contre la solitude. Et cet imaginaire unit les hommes qui le construisent comme ceux qui l’utilisent, ceux qui le gardent comme ceux qui le cherchent, ceux qui le découvrent et ceux qui le retrouvent, ceux qui le quittent enfin pour rejoindre la vallée. »
Jean-Olivier Majestre


Histoire des refuges

Quelques dates :

1850 – 1851 Apparition des premiers abris-refuges
1853 Création du premier refuge de haute montagne sur la voie classique du Mont Blanc : la cabane des Grands Mulets (3 051 m)
1920 – 1940 Apparition des grands refuges d’altitude et du concept de préfabrication, avec l’essor de l’alpinisme hivernal.
1958 Apparition de l’héliportage.
1985 –1995 Les refuges revendiquent une autonomie énergétique et deviennent de vrais objets architecturaux.
1994 Extension des normes ERP (établissement recevant du public) aux refuges, début de la campagne de rénovation, et réhabilitation du Club Alpin Français.
2000 Charte de qualité des refuges des Hautes-Alpes.


Le refuge

L’aménagement des sentiers et la construction des refuges a entraîné quelques résistances d’une partie des montagnards pour qui la montagne rime avec liberté et qui voient dans le refuge une facilité interdisant l’exploit et donc le dépassement de soi.
Néanmoins, pour beaucoup, « le refuge s’identifie à un lieu de survie et d’utilité publique au confort sommaire mais suffisant, un lieu de rencontre entre montagnards avertis »

Il existe deux type de refuge, le refuge gardé et le refuge non gardé.
Lorsqu’ils sont gardés, le gardien remplit une mission d’accueil, de cuisine, de secours, d’information et d’aide aux usagers par sa connaissance du terrain et de la météo.
La durée moyenne de gardiennage estival est de 99 jours, soit 3 mois et une semaine.
Hors gardiennage, la plupart des refuges restent ouverts aux visiteurs, et mettent à disposition la salle et un dortoir avec couverture.

En 2000, la charte de qualité des Hautes-Alpes définit de manière précise le refuge, les normes de qualité, de construction, et ses prestations. Les deux objectifs de la charte sont l’amélioration de l’accueil et celle du confort.

Dans les pratiques des visiteurs, l’alpinisme et la randonnée itinérante se situent à un niveau équivalent (36% et 34%). Le ski de randonnée (9%) et l’escalade (3%) restent marginaux tandis que les randonnées dont l’objectif est la nuit en refuge représentent 18% des nuitées (chiffre relevé en 1997) . Si la fréquentation des alpinistes pour les grandes courses est à la baisse, celle des alpinistes d’un jour, consommation de masse, attire une foule croissante, et celle des randonneurs à pied et en ski progresse.


Comment ça marche ?

Tarif

La nuitée : 9 à17 euros
Le petit déjeuner : 4,50 à 7 euros
Le repas : 12,70 à 17 euros
La demi-pension : 27,50 à 34 euros

Mode d’emploi

La réservation se fait par téléphone, mais le gardien ne pourra néanmoins pas refuser les arrivants. Dans le sas d’entrée, il est prévu de laisser le matériel encombrant (chaussures, piolets, cordes..). Des chaussons d’intérieur sont mis à disposition, ainsi que des paniers servant à ranger le petit matériel personnel dans la salle à manger. Un coin repas « hors sac » s’organise dans la salle à manger, avec au mieux du gaz et de l’eau courante.
Le dîner est servi à 19 h. Les alpinistes se couchent à 21 h pour se lever à 3h du matin , évitant ainsi le réchauffement de la journée qui rend la neige instable.
Les dortoirs de 6 à 18 lits sont équipés de couvertures, et les draps sont souvent proposés en location. Le couchage traditionnellement en bat-flancs, est constitué de l’alignement sur un ou deux niveaux de couchettes de 0,70 m x 2 m.
Il est opportun d’informer le gardien des projets de chacun afin qu’il puisse déclencher des secours si le retour ne se fait pas dans les horaires prévus.
Les déchets combustibles sont incinérés sur place et leurs résidus évacués dans la vallée. Chacun est convié à redescendre ses déchets dans la vallée.


Associations alpines

En France, les refuges appartiennent pour 28% au CAF, 4 % à la STD , 11% au Parc National de la Vanoise, 12 % aux communes et 45 % aux privés .
Contrairement au Parc National de la Vanoise, le Parc national des Ecrins n’est pas propriétaire des refuges ; 63% d’entre eux appartiennent au Club Alpin Français qui en assure la gestion.

Le CAF : Club Alpin Français

Après l’Autriche, la Suisse, l’Italie et l’Allemagne, en 1874 la France s’est dotée de son club alpin. Reconnue d’utilité publique, la Fédération française des clubs alpins et de montagne regroupe 235 clubs et sections qui proposent la pratique d’activités de pleine nature. Elle compte aujourd’hui 90 000 membres, de tous âges et de tous niveaux. Elle est par ailleurs gestionnaire de 142 refuges de haute et moyenne montagne, répartis sur l’ensemble des massifs de France.

Leurs missions :
- organiser des activités sportives ou de loisir en montagne,
- proposer des stages ou formations
- promouvoir des actions de préservation du milieu montagnard
- valoriser un patrimoine de 142 refuges
Depuis 1970, le CAF considère que le maillage de refuges est complet. Il concentre ses efforts sur l’agrandissement et la modernisation des refuges existants, dont une forte majorité a plus de 30 ans.

12:31 Publié dans Le mémoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Le bivouac

medium_91bivouac_copie.jpg


Le bivouac est un terme qui regroupe différentes pratiques dont l’idée générale est le campement temporaire. Les alpinistes s’installent pour passer la nuit, en utilisant les possibilités d’un milieu où abondent les abris naturels, ou grâce à un matériel de protection aussi léger qu’efficace.

Le refuge de petite taille non gardé est également appelé bivouac, refuge-bivouac, ou cabane (en Suisse). Ces constructions en plastique, tôle, bois ou pierre, sont généralement composées d’un seul espace regroupant le réfectoire et le dortoir de 4 à 20 places. Par opposition au refuge-hôtel sur-fréquenté, ces refuges, prisés pour leur convivialité sont nombreux dans les massifs suisse et italien.

12:31 Publié dans Le mémoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Projet: A l’échelle du site

L’accueil en milieu montagnard : cheminement et progression

En s’appuyant sur la charte d’environnement et de développement du parc (p. 53), le projet de refuge-bivouac, sujet central de ce travail de fin d’étude, s’intègre dans une réflexion globale sur l ‘accueil dans le secteur de Pelvoux. L’analyse de la situation actuelle souligne des carences ou des contradictions. Cette étude tentera de proposer des solutions par une intervention précise et progressive.

Observations

- Alors que le Pré de Madame Carle est dans la zone protégée du parc, il reçoit chaque année pendant la période estivale plusieurs centaines de milliers de visiteurs, avec des pointes atteignant 500 véhicules par jour. Ainsi, la volonté de préservation de la zone centrale du parc va à l’ encontre de la politique actuelle d’accueil et d’accès au Pré de Madame Carle. Cette ambiguïté doit être reconsidérée.

- En période estivale, le hameau d’Ailefroide est envahi par les automobiles, et le piéton y trouve difficilement sa place. Le manque d’une hiérarchie et d’une centralité de l’espace urbain se fait ressentir.

- La préservation d’une culture montagnarde passe par la valorisation d’un savoir-faire, et la protection d’un patrimoine naturel se transmet par l’éducation.

- La montagne accueille un public aux besoins variés, qu’on peut répartir dans cinq catégories:

. le résident veut préserver son patrimoine
. le touriste au budget élevé recherche un folklore montagnard
. le promeneur vient se ressourcer en observant le paysage montagnard
. le randonneur cherche l’effort et la proximité d’une nature abondante
. le sportif dépasse ses propres limites pour atteindre un objectif


Programme

De la voiture au glacier, de 1200m à 4000m, cinq lieux d'accueil, cinq fréquentations différentes sont alors mises à jour. Le parking du Pré de Madame Carle, à 1800 m d’altitude, est déplacé pendant la saison estivale à côté de la maison du Parc de Vallouise, à 1200 m d’altitude. La mise en place d’une navette gère les déplacements de Vallouise jusqu’au départ des sentiers en passant par le hameau d’Ailefroide.
La nouvelle normalisation s’applique aux différents refuges et un nouveau lieu d’accueil voit le jour à plus de 3500 m d’altitude : le refuge-bivouac

Cinq sites d’interventions :

1 Le parking : accueil des promeneurs, randonneurs, alpinistes, résidents
- Parking de 700 places
- Départ de la navette
- Accueil et information temporaire
- Sanitaires

Contraintes : intégration du parking à l’environnement existant.
Situation : Vallouise, à proximité de la maison du parc, zone périphérique du parc.


2 Coopérative d’artisans: valorisation de la production et de la culture locale
- Coopérative de produits locaux (vente, initiation, dégustation)
- Maison de la culture locale (écomusée, expositions temporaires, animations)

Contraintes : aménagement et requalification des espaces urbains d’Ailefroide.
Situation : Ailefroide, zone périphérique du parc.


3 Départs des randonnées : accueil des promeneurs et randonneurs
- Arrivée de la navette
- Bureau des guides et des gardes moniteurs (accueillir, éduquer, divertir)
- Zone d’observation de la faune et de la flore (observer)
- Panneaux d’information (renseigner)
- Aires de pique-nique et de repos (protéger)
- Sanitaires

Contraintes : interventions minimales, pour le maximum de protection dans la zone centrale du parc.
Situation : Pré de Madame Carle, zone centrale du parc.


4 Le refuge : accueil des randonneurs et alpinistes
- Bâtiments existants : refuge du Glacier Blanc, et refuge des Ecrins (restauration et hébergement)

Contraintes : cohabitation des randonneurs et des alpinistes, mise aux normes des édifices (hygiène, sécurité, confort).
Situation : refuge du Glacier Blanc, refuge des Ecrins (refuges existants).


5 Le bivouac : accueil des alpinistes confirmés (ski de randonnée, sport extrême…)
- Module préfabriqué, héliportable et autonome (hébergement, confort minimum, optimisation)

Contraintes : implantation sécurisée, apport en eau, chantier en site isolé.
Situation : zones éloignées à plus de 3000 m d’altitude.


Enjeux

Les attentes des visiteurs en matière de qualité de l’accueil vont de pair avec leur recherche d’authenticité, de sens, et de paysage. C’est l’image de la nature originelle et d’un patrimoine montagnard que les différents visiteurs recherchent.
Protéger ne veut pas dire figer les choses en l’état, et la meilleure façon de faire vivre ce patrimoine est sans doute de l’intégrer à une activité locale économique, éducative et associative.

« Qu’ils aient été gérés par des acteurs locaux ou nationaux, publics ou privés, les lieux touristiques sont rarement maintenus dans leur simple état naturel. Parce qu’ils sont consommés par des touristes aux besoins variés, parce qu’ils procurent emplois et revenus à quantité de personnes, ces lieux sont dotés d’aménagements destinés à satisfaire les attentes de tous ceux qui s’y trouvent impliqués ».

L’enjeu des cinq interventions proposées est de répondre aux besoins variés des différents acteurs, tout en préservant et en valorisant le patrimoine naturel et culturel. Il faut ainsi accueillir les touristes, promouvoir la culture locale, valoriser le patrimoine du parc, abriter les randonneurs et les alpinistes.

D’un point de vue architectural, il est essentiel de dégager le langage des sites pour établir un dialogue entre le construit et le non-construit. Les cinq structures d’accueil sont élaborées en dialogue avec la matérialité du site, la topographie, l’ouverture de ses paysages, et la part de subjectivité liée à l ‘émotion.

Ainsi tout en répondant à une démarche de haute qualité environnementale, l’attitude sera différente dans la zone périphérique du parc ou dans la zone centrale, dans un espace naturel ou en milieu urbain, à 1200 m ou à 3500 m d’altitude.

Rapport nature/architecture : références architecturales

« Comment répondre à l’enjeu du paysage ou d’une région sauvage d’une façon qui mette en valeur la nature et enrichisse l’expérience que nous avons ? »
Toute intervention sur un paysage induit une modification qui, selon l’attitude choisie par le concepteur, va générer, respecter ou rompre un équilibre pour en créer un autre.

Se fondre dans l’environnement plutôt que le maîtriser ?

Pour Mario Botta, la seule possibilité de reconnaître la nature est de s’y opposer, d’entrer en confrontation avec elle, pour récréer un nouvel équilibre.
Selon Gregotti « L’architecture a la tâche de révéler, à travers la transformation, l’essence du contexte environnant. »

Sur le secteur de Pelvoux différentes attitudes seront empruntées. De par leur taille et leur désignation, la Maison du Parc et la coopérative d’artisan prendront position dans leur contexte. A l’image du Belvédère de Maryhill (page suivante), ces structures massives dialogueront avec l’environnement pour le prolonger.
A l’inverse, l’intervention en zone centrale protégée sera plus discrète et précise. Tel un travail d’acupuncture, les aménagements de départ des sentiers et les bivouacs agiront sur un point précis qui révélera l’immensité du monde naturel qui l’entoure. « La traversée », cheminement photographique et littéraire (page suivante), illustre cette idée.

Belvédère de Maryhill, Washington, Etats-Unis, : Allied Works Architects : Allied Works Architects

medium_fleur_du_desert4.2.jpg« Selon le point de vue d’où l’on se situe, le belvédère donne l’impression d’être un espace habitable ou bien semble disparaître dans le paysage qui l’entoure… et crée ainsi une frontière et des ouvertures dans un paysage virtuellement infini. »
Le niveau supérieur constitue le prolongement d’une saillie naturelle du terrain tandis que les autres niveaux s’organisent en fonction de la pente.


La Traversée

medium_cheminement2.3.jpg « Réapprendre à se retourner et à découvrir le paysage dans l’autre sens »
Le cheminement photographique et littéraire proposé sur l’itinéraire du refuge du Châtelet, a suscité des réactions contradictoires, entre les partisans d’une nature vierge et les visiteurs attirés par l’art, la culture et la photo .


Aménagement paysager en montagne, Formigueres,
Architecte : Miquel Battle
medium_formigueres.jpg
Dans les Pyrénées, la fréquentation intensive du site classé du lac des Bouillouses, à 2017 mètres d’altitude, a donné lieu à un projet d’aménagement d’espace public qui se fond dans le paysage. Il comprend l’aménagement d’un parking de 600 places, un parcours, des abris-bus déplaçables et modulables, et autres guérites. Le chemin est nettement délimité par une bordure en Acier Corten qui se poursuit, devient muret de soutènement dans les parties aval, s’encastre dans le sol dans les parties amont, et se transforme à l’approche de la route en banc de repos pour finalement envelopper l’abri de la station de bus.



Esquisse de projet

Zone périphérique : 1- parking ; 2 - coopérative d’artisans
A l’écart de la ville, le parking sera traité comme un signal tout en mettant la voiture au second plan. En privilégiant les techniques de construction traditionnelles, l’identité de l’intervention portera sur le dialogue et la mise en valeur de la Maison du Parc et des chaînes de montagnes environnantes.
Pour le hameau d’Ailefroide, l’enjeu est très différent. Comment s’inscrire au milieu d’un patrimoine architectural reconnu ? La simplicité de l’intervention participera à la mise en valeur de ce contexte.

Zone centrale : 3 - départ de randonnées ; 4 – refuges ; 5 - bivouac
Les aménagements au départ des sentiers de randonnée s’inscrivent dans la politique de la zone protégée du Parc National des Ecrins qui impose la réalisation d’aménagements « réversibles » en favorisant « l’insertion » des aménagement dans l’environnement, en excluant tout apport exogène, en privilégiant les matériaux abiotiques (les minéraux) et biotiques (les végétaux) du site . Il ne s’agit pas d’extraire la roche, et d’abattre les arbres en zone protégée, mais d’intégrer la pierre (granite, gneiss) et les essences locales (pins sylvestre, hêtre, épicéa, chêne).
Pour le bivouac, l’héliportage de la structure ne permet pas de répondre aux contraintes liées à la matérialité du site (construction en pierre), mais sa légèreté d’implantation rendra l’installation réversible.


1. Accueillir
Le parking : accueil des promeneurs, randonneurs, alpinistes, résidents

medium_1_copie.3.jpg

Les voitures ne sont pas visibles depuis la route.
Un signal indique l’entrée du site.
Lieu d’information et départ de la navette.


2. Promouvoir
Coopérative d’artisans: valorisation de la production et de la culture locale

medium_2_copie.3.jpg
Densification de l’espace urbain
Aménagements urbains
Coopérative d’artisans


3. Interpréter
Départs des randonnées : Accueil des promeneurs et randonneurs

medium_3_copie.3.jpg

Le parking est dissimulé par la butte « Le Ban » et le bosquet de mélèzes.
Avec une pente de 5 %, le Pré de Madame Carle est accessible au plus grand nombre.
Le sentier est ponctué d’espaces de repos, d’observation, d’information, d’interprétation du site.

12:30 Publié dans Le mémoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

Projet: A l’échelle du bivouac

Lieu de survie: Minimum et compacité



Pour qui ?
L’étique montagnarde fait référence à l’aspect corporatiste d’un groupe d’individu à la recherche du dépassement de ses propres limites dans un milieu naturel dangereux en contradiction avec la quête du monde moderne. La connaissance de ce milieu inspirent alors entraide, respect et préservation du site.
Par opposition au « refuge-hôtel » et ses problèmes de cohabitation entre les différents pratiquants de la montagne (promeneur, randonneur, alpiniste, skieur) (p.31), le refuge bivouac répond aux conditions particulières de la pratique de l’alpiniste, tout en préservant l’étique montagnarde. Il est une alternative à tous ceux qui ne trouvent plus leurs places dans les refuges jugés trop grands et sur-fréquentés, et qui ne recherchent pas prioritairement le confort.

Où ?
L’accueil au refuge-bivouac du Glacier Blanc est la dernière étape, le dernier témoin de la civilisation avant l’ascension des plus hauts sommets du site. C’est un abri de secours en milieu hostile où la vie ne tient souvent qu’à une corde. A cinq heures minimum du parking, ces constructions seront situées dans des zones accessibles aux sportifs équipés du matériel adapté à leurs pratiques.
Suivant l’étude de besoin (p.96) , trois constructions trouvent leur place sur le site : le glacier Jean Gauthier, sur le glacier noir et à la Roche Faurio. Ces trois positions réduisent respectivement les longues ascensions vers la Montagne des Agneaux, la Face Sud et la Face Nord de la Barre des Ecrins.

Pour quoi faire ?
Le bivouac est un dernier abri où l’on vient se protéger du vent, du froid, et de la tempête de neige, pour y passer la nuit ou appeler les secours.
Il est un repère à l’échelle humaine par opposition à la grandeur du monde naturel.
Mais il est aussi un lieu de convivialité et de proximité, où la table est l’élément central. On y fait chauffer de l’eau, on y mange, on y lit ; les uns racontent aux autres leurs expériences de la journée, on y prépare l’itinéraire du lendemain.
Dans un site exceptionnel, le bivouac et ses abords sont des lieux d’observation, de contemplation, qui prolongent le silence monacal de la marche dans la neige.


Confort : essentiel ou superflu ?

A 3000 m d’altitude, on cherche à s’éloigner du stress, de l’abondance, et de la superficialité des centres urbains. L’alpinisme n’est pas seulement un sport, c’est un code moral, une philosophie de vie. Les plus hauts sommets sont des destinations de pèlerinage à l’approche longue et épuisante, où l’on se recueille et se protège devant cette nature hostile. Avec le minimum de moyen, c’est le dépassement de ses propres limites qui est en jeu.
Dans ce contexte, le bivouac répond à une certaine simplicité d’où tout superflu est banni, et le toit est le seul élément essentiel du projet.
Le bivouac de Watzmann (p. 41) en Allemagne en est la démonstration. Ressemblant de près à une malle ou à un cercueil, ce bivouac est un simple abri de tôle, sans lumière naturelle, qui remplit la seule fonction de l’abri en position allongée.
Par opposition, les refuges suisses offrent bien d’autres services. La philosophie de l’effort est très différente. Il n’est pas rare de trouver à 2500 m d’altitude le confort d’un hôtel quatre étoiles, et l’eau fumante d’un spa.

Quelle position faut-il alors prendre pour un bivouac de 8 places à 3500 m d’altitude ? Quel est le luxe qu’on peut s’autoriser sans dériver dans les consommations superflues et abusives du confort, antinomiques à la mentalité montagnarde et aux possibilités du site ?

Superflu inadapté :
- 20° de température intérieure,
- eau chaude,
- salle de bain,
- indépendance des fonctions (chambre, salle à manger),
- spa…

Luxe autorisé :
- couchage individuel (par opposition au bat-flanc ),
- gaz de cuisson,
- fontaine d’eau de cuisson (non potable),
- rangement des affaires personnelles,
- prise de chaleur au sud,
- bonne isolation,
- ambiance et espaces agréables,
- vue vers le lever et le coucher du soleil,
- sanitaires : toilette sèche…

Le bivouac n’a alors pas l’objectif de répondre à l’économie maximum d’un module de survie, mais de faire un juste compromis entre l’utile et l’agréable. Les usages sont essentiels (non primordiaux), et le seul vrai luxe, par opposition à de nombreux bivouacs (p. 39), se situe dans la volumétrie qui mixe la convivialité d’un espace unique, l’individualité des couchettes, et l’observation du site environnant.
Les limites de ce confort sont alors dictées par la compacité et la préfabrication du bivouac.


Scénario bivouac.
. . .
Marcher, grimper, observer, souffler, suer, avancer à pas lents dans la neige, sur la glace, créer la trace, la suivre, chercher l’abri…

Arriver, s’arrêter, apprécier le paysage, poser son sac, enlever les crampons, la corde, le baudrier, souffler, respirer, s’imprégner du lieu…

Rentrer, chercher le sec, la chaleur, se déshabiller…

Regarder s’il y a de la place, se mettre à l’aise, poser ses affaires où c’est possible, prendre les chaussons mis à disposition, organiser son couchage, ranger les affaires qui seront inutiles pour la nuit…
s’asseoir dedans ou dehors, boire un coup, manger une barre de céréales, dialoguer, se taire, savourer l’accomplissement, le réconfort, le chaud, le sec, la sécurité, le paysage, l’immensité, …


Chercher de la neige à fondre sur le gaz, y cuire ses pâtes, boire un verre de rouge pour les plus organisés, se réchauffer, manger, boire une tisane, un café, nettoyer, discuter de la course du lendemain, préparer le sac en conséquence, sortir ce qui va servir dès le départ du refuge, ranger le matériel de sécurité (vêtement, trousse de secours) à portée de main, s’émerveiller devant le coucher du soleil, s’éclairer à la bougie, remplir les gourdes de neige qui fond pendant la nuit, se soulager, s’allonger, s’endormir dans le bercement des ronflements…
(Se lever avec le mal de l’altitude, se dépêcher, passer par-dessus les corps endormis, sortir vomir…)
A l’aube, sortir du sommeil, boire une boisson chaude et manger un morceau, laisser une partie de ses affaires en pensant revenir, partir.
Rester, se reposer, discuter, observer, apprécier, lire, jouer aux cartes, pour passer la journée.
Redescendre dans la vallée, laisser ses vivres et ses bougies aux suivants, descendre ses déchets
...


Programme
(Établi d’après le questionnaire de fréquentation )

La transition :
- zone de repos extérieure,
- espace de protection (porche et sas d’entrée) : grille caillebotis au sol,
- rangement extérieur du matériel : skis, piolet, crampon, corde…
- espace de séchage des vêtements : ventilation haute et basse, évacuation de l’eau.
- assise pour se chausser

Les rangements :
- rangement du sac à dos,
- casier personnel (alléger le sac pour les courses de la journée),
- rangement commun : couvertures, bougies, denrées…

Le repas :
- salle 1 m² par personne,
- table, bancs, tabourets,
- emplacement pour la cuisson des denrées hors sac.

Le couchage :
- 8 places + lits supplémentaires de dépannage,
- dimensions des couchettes : 1,90 x 0,70 m,
- tablettes à proximité des couchettes pour les affaires personnelles,
- couvertures,


La sécurité :
- matériel de secours pour altitude, civière héliportable,
- pharmacie,
- radio.

Divers :
- Cartes
- énergie renouvelable : surface de capteurs de 14% de la surface du bivouac,
- zone réservée à la dépose du chargement de l’hélicoptère,
- bougeoir diffuseur de lumière,
- borne de paiement (urne),
- sanitaires : toilette sèche.



Contraintes du projet

L’intégration au site
- exigences de l’emplacement : position par rapport aux courses environnantes, orientation des façades, exposition aux risques d’avalanches.
- respect des atouts et des valeurs du milieu naturel.
- mise en valeur du panorama.

Les usages
- exigences fonctionnelles : réponse au programme,
- question de l’intimité par rapport à la proximité,
- adaptation de l’architecture au public, aux besoins,
- fonctionnalité, rapport entre les fonctions, amovibilité,
- bien-être, ergonomie, ambiance,
- auto-entretien,
- rangement important, séchage,
- gestion de l’entrée sous la neige.

La technicité
- durabilité et entretien des matériaux,
- isolation: paroi, entrée, percements,
- eau courante : stockage, apport,
- autonomie : chauffage, électricité,
- préfabrication, héliportage : légèreté, économie de chantier, logique constructive,


Eloge de la cellule : Référence architecturales

La cabane, un rêve d’enfant

La « cabane » a un écho émotionnel en chacun de nous, parce qu'elle est née d'un rêve et que ce rêve appartient à notre patrimoine de fantasmes, à nos rêves d'enfants.


Tout l'impact émotionnel de la Cabane Perchée réside au plan imaginaire, parce qu'elle renvoie à une série de représentations affectives et symboliques :

- un abri, pas trop grand, juste à sa mesure, bien délimité, où on se sent protégé,
- un refuge, un nid, pour se mettre en repli, pour se recentrer,
- un moyen d'évasion, pour s'éloigner de la réalité, prendre du recul, de la hauteur de vue,
- un lieu pour créer, méditer, lire, rêver, dormir, imaginer, dessiner, peindre, écouter de la musique, composer, écrire…

Malgré la fonction essentielle de survie du refuge-bivouac, cet abri renvoie à l’imaginaire de la Cabane Perchée, on est un peu comme l'oiseau : libre, léger, petit.
On escalade les falaises de roche et de glace pour se retrouver loin de toutes manifestations urbaines et humaines, pour se sentir soulevé par un sentiment de flottement au-dessus d’un océan où les nuages se brisent sur les versants des montagnes. Contrairement à la cabane perchée, le bivouac n’est pas une fin en soi, mais l’étape qui permet d’atteindre les sommets.

Le minimum de place… pour le maximum d’usages…

Il existe différentes manifestations de rationalisation de l’espace dans un petit volume.
Dans l’architecture navale, l’aménagement de la cabine subit les besoins aérodynamiques de la coque extérieure. Le mobil-home, la caravane, et le camping-car subissent les réglementations de la circulation.
Dans ces différents exemples, la problématique est la même : comment donner le maximum d’usages au minimum d’espace ? L’imbrication et la polyvalence sont alors les maîtres mots de la conception.

L’expérimentation de la vision d’habiter de AllesWirdGut « turnOn » est un exemple d’optimisation de l’espace. La rotation des différentes rondelles qui composent la cellule permet de rentabiliser l’espace jusqu’au plafond. On peut toutefois se demander si un tel espace est viable, et si la frontière de l’oppression n’est pas atteinte.

Pour le refuge-bivouac, les conditions climatiques imposent une compacité maximum. Il est essentiel de trouver le juste compromis entre viabilité (vue, lumière, espace) et efficacité (thermique, technique).

turnOn : expérimentelle wohnvision
Architectes : AllesWirdGut

medium_turnon_awg4_MONTAGE.jpg

Cette cellule à habiter est une provocation face à la maison individuelle classique. Inspirée des capsules spatiales et de l’industrie automobile, la cellule se compose de cinq rondelles autonomes qui offrent tous les usages nécessaires à l’idée d’habiter. Chaque rondelle a sa propre fonction : dormir, se laver, se restaurer, se reposer, se détendre, qui se qualifie en fonction de l’angle de rotation.
Ce prototype est un exemple de rationalisation.


Esquisse de projet

La recherche d’une efficacité et d’une simplicité inhérentes à la philosophie montagnarde a guidé les choix architecturaux d’insertion dans le site, et d’ambiance intérieure. Les performances techniques (compacité, légèreté), thermiques (autonomie d’énergie), et fonctionnelles sont ainsi des composantes essentielles du projet.

La compacité

La compacité est un atout pour l’implantation en haute montagne où les surfaces planes ne sont pas courantes. Plus le module est petit et plus il est aisé de le placer. Dans l’idéal, le refuge-bivouac est déposé en une seule pièce, grâce à des pattes de fixation ou sur un sol terrassé avec les pierres du site. D’un point de vue thermique, la compacité évite les accroches au vent et les accumulations de neige dans les recoins, elle limite les surfaces de façade au contact de l’extérieur, réduit le volume à chauffer, facilite la construction et l’étanchéité.


Rationalité et organisation

A la manière d’un « rubicube », les différentes fonctions prennent place dans la forme la plus compacte possible : le cube – car, bien que la sphère soit la forme la plus compacte, elle pose des problèmes de mise en œuvre -. Pour faciliter la préfabrication et l’héliportage en pièces détachées, le cube sera divisé en tranches.

Deux hypothèses sont alors possibles :

medium_carre.2.jpg

Soit le cube est composé d’une tranche de transition et de 4 tranches identiques, contenant chacune les fonctions nécessaires à l’accueil de deux personnes : rangements, repas, lits.

medium_schema_compo_repartition.jpg

Ou alors le cube est composé de 5 tranches, correspondant à cinq fonctions différentes : entrée, rangements, lits, repas, lits.

Dans une production en série, la première solution s’adapte à la fréquentation. La capacité peut ainsi facilement être doublée. La deuxième solution développée ici prend en compte l’environnement particulier et hiérarchise les espaces.

Selon Charles Roche : « Un refuge est toujours personnalisé: il sera différent dans les Ecrins, de son homologue du Mont Blanc ou de la Vanoise. Il ne doit jamais être "banalisé". La manière de percevoir un massif, la manière de l'utiliser, de le mettre en scène dans le site, sa place et son pôle dans un imaginaire de la montagne... Il est IMPOSSIBLE DE LE SEPARER DE SON CONTEXTE : un refuge quel qu'il soit ne peut pas se réduire à la résolution de problèmes techniques. »


La tranche

Le bivouac s’organise dans un cube composé de 5 tranches aux fonctionnalités différentes. Cette organisation offre une hiérarchisation des espaces et une stratification thermique.
Un jeu de glissement permet de dégager une entrée, d’apporter de la lumière, et de diviser les espaces.
Un jeu de rotation répond à différents besoins : panneau solaire, baie vitrée au sud, réserve d’eau en toiture, dossier de la banquette intérieure, entrée progressive, vue haute, vue basse…

medium_DSCN0931_BIS.2.jpg

Remarques :
Le projet est pensé de l’intérieur, et le rapport au site est limité.
Le linéaire de façade ainsi produit ne répond pas aux besoins techniques et thermiques.
Afin de limiter les déperditions, il faudrait minimiser les surfaces en contact avec l'extérieur, l'enveloppe du bâtiment doit donc être la plus compacte possible.


Autonomie énergétique

Parallèlement aux recherches sur l’architecture bioclimatique (annexe 4), le volume gagne en compacité, en taille, en étanchéité, et en facilité de mise en œuvre.
Les tranches reprennent place dans un cube et seule la tranche centrale de l’espace de vie subit une rotation de 30° pour accueillir le panneau solaire et la surface vitrée au sud pour la prise de chaleur.

Constat énergétique :

Apport énergétique naturel :
- chaleur solaire (Vitrage : 500W, Capteur solaire : 400W-2KW)
- chaleur dégagée par la cuisson au gaz (1000W-2000W), la lumière des bougies.
- chaleur humaine (800W).

Besoins énergétiques :
- maintenir la température intérieure du bivouac en hors gel (dans l’idéal à 10° minimum) toute l’année.
- utiliser l’eau de la fonte des neiges et de la pluie en toiture comme eau courante de cuisson, grâce à une fontaine intérieure (maintien hors gel), consommation déterminée entre 8 et 20 litres/jour de pleine fréquentation.
- témoin lumineux extérieur, repère de nuit.
- veilleuse intérieure.
- alimentation de la radio de secours.

Objectif énergétique :
L’objectif énergétique du bivouac est de maintenir le bivouac en hors gel quelle que soit la saison avec le minimum de moyens possibles (technique et légèreté) pour le maximum de rentabilité.

Choix envisagés :
- isolation extérieure renforcée des murs et de la toiture (15 à 20cm) sans pont thermique.
- inertie intérieure modérée permettant la chauffe rapide du bivouac par sa fréquentation.
- compacité.
- utilisation de bois à l’intérieur : régulation de l’humidité
- ouvertures au sud, surface =10% de la surface du plancher
- fenêtres à haut rendement thermique : triple vitrage, faible émission et haute transmission.
- circulation d’air manuelle, ouvrante.

Une recherche sur l’inertie et l’énergie passive remet en question la matérialité.
Le principe simple de l’énergie passive est de capter la chaleur solaire par une baie vitrée au sud dans une construction isolée à l’extérieur. Le mur intérieur accumule alors la chaleur pour la réguler entre le jour et la nuit. Traditionnellement, l’inertie des murs est donnée par le béton, la pierre, ou la brique. Ces matériaux sont trop lourds pour la construction héliportable, alors que l’eau de la fonte des neiges disponible en profusion sur place s’avère avoir une excellente inertie thermique (deux fois celle du béton). Le procédé SKYTHERM le démontre en utilisant des sacs ou des bassins d’eau disposés sur le toit pour capter la chaleur pendant les journées d’hiver.
La neige est utilisée par les Esquimaux pour ses qualités isolantes. A l’intérieur d’un igloo, on obtient une température entre –5° et –2°, alors que la température extérieure s’approche des –40°. En rajoutant des peaux sur les parois intérieures de l’igloo, on peut gagner jusqu'à 20°.
Si la neige est un excellent isolant, et si l’eau a une très bonne inertie, la glace ne détient aucune qualité thermique, car son rôle est uniquement structurel.

Pourquoi le bivouac ne serait-il pas composé d’eau et de neige ?

L’igloo est un abri temporaire et instable, taillé par le vent et le soleil. Une construction composée
uniquement de glace ou de neige ne peut pas être pérenne. Par contre, l’eau et la neige peuvent être des compléments intéressants dans une structure permanente.
Des pièges à neige en façade peuvent renforcer l’isolation et animer la façade en fonction des saisons.
De son côté, un panneau solaire produit jusqu'à 2KW par beau temps. Jumelée directement avec un mur d’eau, la chaleur est stockée et rayonnée progressivement pour chauffer l’intérieur du bivouac.
Le système fonctionne alors comme un radiateur autonome.
Une bonne isolation permet de diminuer les déperditions thermiques. Il est utile de renforcer celle des parois opaques (notamment sur les façades nord). Ainsi la toiture prend une pente de 10°, pour diriger la neige sur la façade nord. La neige renforce l’isolation et protége du vent.
medium_DSCN1026BIS.jpg

Remarques :
Une trop grande inertie du bivouac n’est pas souhaitable. La fréquentation peut vite augmenter la température du bivouac.
Comment le bivouac va t-il s’adapter aux différents sites ?


Rapport aux sites

A 3500 m d’altitude, à 5 heures minimum du parking, il est impossible d’envisager un chantier traditionnel. Le déplacement et l’hébergement des ouvriers ainsi que la température extérieure rendent le chantier difficile. La préfabrication facilite l’implantation du module et répond aux contraintes climatiques et d’accessibilité.
L’assemblage sur site permet d’augmenter le volume, mais augmente également le temps de mise en place.
Un hélicoptère supporte un maximum de 4500 kg par rotation, et la minute coûte 21euros hors taxe. L’objectif est alors de concevoir le bivouac le plus léger et compact possible, pour qu’il puisse être héliporté en une seule pièce.

Une étude approfondie du site du Glacier Blanc (vent, neige…) serait nécessaire pour crédibiliser l’implantation des bivouacs. Les trois positions développées ont ainsi une valeur hypothétique. Il est alors considéré que, placés sur un éperon rocheux, les bivouacs étudiés sont à l’abri des avalanches, des chutes de pierres, et que la pente importante des versants empêche la neige de s’accumuler pour recouvrir le bivouac en hivers.
Le principe de composition du bivouac est conservé et adapté aux trois configurations.

Trois sites d’étude:
medium_3site_photos.jpg



Bilan

Après avoir adapté le projet du refuge-bivouac aux relevés des différents sites, la question de la masse héliportable (4500kg) définira la matérialité et le mode de préfabrication.
Comment allier la recherche de la légèreté et la volonté écologique ?
Quel choix faut-il faire entre un isolant en liège (2277kg ) 25 fois plus lourd qu’un isolant mince synthétique (96 kg) ?
Quelle est la bonne mesure à prendre entre légèreté et stabilité aux vents et aux poussées de neige ?

C’est ainsi que tout au long de l’élaboration du projet, il s’agit de faire un juste compromis entre :
- légèreté /stabilité,
- durabilité/ écologie,
- intimité/ collectivité,
- performance thermique/rapport à l’extérieur, vues,
- confort/superflu

Le projet tente de répondre à toutes ces questions en respectant l’étique montagnarde et les conditions extrêmes d’implantation.

12:30 Publié dans Le mémoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Conclusion

Le parcours

« Le Parc National des Ecrins souffre de ses ambiguïtés.
Le Parc est là pour protéger l’environnement, mais aussi pour accueillir du public, et la sur-fréquentation est nette dans certains secteurs ».
En France et ailleurs, on a souvent cherché à réduire les effets locaux d’une très forte fréquentation. Les chemins les plus parcourus ont été parfois empierrés (Suisse, Japon), couverts de grilles de métal (Australie) ou de planches de bois (Etats-Unis). Le piétinement du sol est amoindri et, avec de tels aménagements, il est plus facile de convaincre les promeneurs de ne pas s’écarter des sentiers.
Certains Parcs américains, victimes de leur succès, ont fixé des seuils de fréquentation à ne pas dépasser.

Dans le secteur de Pelvoux et plus particulièrement au Pré de Madame Carle, différentes formes de dissuasion sont utilisées dans le projet pour favoriser le tourisme diffus .
En fermant l’accès de la zone protégée au Pré de Madame Carle pour déplacer le parking 10km plus bas à proximité de la Maison du Parc , on réduit inévitablement la fréquentation. Le parcours de la navette est alors ponctué de lieux d’information, d’éducation et de découverte. La coopérative d’artisans à Ailefroide valorise la culture locale et encourage la survie économique du secteur. Le Pré de Madame Carle devient une zone d’observation, d’animation, de pique nique accessible aux handicapés. On peut enfin profiter du paysage, de la vue de la langue glacière, sans l’éblouissement parasite produit par 500 véhicules au soleil.
Actuellement, cette démarche a le soutien du Parc National des Ecrins qui souhaiterait déplacer le parking du Pré de Madame Carle. La commune de Pelvoux, propriétaire du site, s’oppose à cette initiative qui risquerait de réduire la fréquentation et les retombées économiques du secteur.
Le projet tente ainsi de répondre aux intérêts de tous les partis.


Le bivouac

Après le refuge du Glacier Blanc et celui des Ecrins, le refuge-bivouac, dernière étape du parcours, recrée l’esprit des petits refuges du siècle dernier où les alpinistes se retrouvaient. A l ‘écart des sentiers, il est réservé à une certaine élite capable d’y accéder. Loin de toutes les préoccupations mercantiles des « refuge-hôtels », on y discute de l’expérience de la journée, de la course du lendemain, des passages difficiles, de la stabilité de la neige.

On peut toutefois se demander si cette nouvelle offre ne risque pas d’augmenter la fréquentation des sommets déjà bien saturés. Les partisans de la « wilderness », encouragent le dépassement de soi et de ses propres limites dans une nature hostile. Toute construction quelle qu’elle soit est alors bannie pour le bivouac sauvage (à la belle étoile, sous une tente).
Si le projet ne répond pas à toutes les attentes, il a au moins l’intérêt de générer des parcours d’accès, et de libérer des espaces vierges de tout équipement, des espaces d’aventure de dimension suffisante. La mise en place d’un refuge participe au contrôle de la fréquentation de des impacts d’un site.

Bien que le Club Alpin Français considère que le maillage de refuges est complet, un tel programme (à adapter sur chaque site) pourrait pourtant trouver sa place dans les zones périphériques trop souvent délaissées pour les zones centrales des différents parcs nationaux alpins. Il offre également l’opportunité de remplacer les refuges–bivouacs, simple « boites de tôle », en France ou en Italie qui ne comportent aucune isolation ni lumière naturelle.

12:30 Publié dans Le mémoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

Le site

Le Parc National des Ecrins


Qu’est ce qu’un parc national ?

Un parc national est « un territoire généralement vaste dont la richesse biologique, la qualité paysagère, l’intérêt culturel et le caractère historiquement préservé justifient une protection et une gestion qui garantissent la pérennité de ce patrimoine considéré comme exceptionnel. »
Cet établissement public national dépendant du Ministère de l’environnement est composé de deux zones : la zone centrale, territoire classé soumis à une réglementation forte, et la zone périphérique regroupant les communes impliquées dans une ambition de développement local équilibré.

La gestion de l’espace naturel s’organise autour de deux axes majeurs : la conservation dynamique de la biodiversité et la mise en œuvre d’un développement durable avec l’aide des communes. Restauration du patrimoine architectural, observation, étude scientifique, protection et réinsertion d’espèces menacées sont ainsi les différentes missions d’un parc.
L’organisation de l’accueil, l’information et la sensibilisation du public jouent un rôle essentiel dans la démarche de protection : inciter, éduquer, persuader plutôt qu’interdire; contractualiser plutôt qu’écarter. Un parc national est un territoire naturel, ouvert à tous, mais soumis à une réglementation qui relève d’un code de bonne conduite.


Le Parc National des Ecrins

Entre Gap, Grenoble et Briançon, le Parc National des Ecrins, créé en 1973, est le plus grand et le plus haut des sept parcs nationaux de France. Avec 17 000 ha de glaciers il se définit comme le « parc européen de la haute montagne » . La chaîne des principaux sommets structure l’ensemble du massif selon une topographie complexe qui culmine à 4102m d’altitude à la barre des Ecrins.
Contrairement au « Parc National de la Vanoise qui valorise principalement la découverte de la nature, le Parc des Ecrins valorise davantage l’effort physique ». La vocation des refuges le confirme, puisque sur 29 refuges gardés, 15 reçoivent principalement des alpinistes.

Le parc représente pour les visiteurs une garantie de qualité, valorisée par les diverses actions auprès du public : expositions, conférences, rencontres avec les garde-moniteurs , animations artistiques et culturelles (stages de photographie de la nature, sites d’observation encadrés...)

Le parc a une mission de protection de l’espace et des milieux. Il doit donc veiller à conserver des espaces vierges de tout équipement et hébergement, des espaces d’aventure de dimension suffisante.


Le parc présente des caractéristiques socio-économiques significatives, aussi bien en terme d'état que d'évolution :
- une occupation humaine de faible densité (10 hab/km²)
- des services publics et un tissu commercial et artisanal regroupés dans les bourgs
- une activité agro-pastorale traditionnelle en déclin
- un fort développement de l'activité touristique, aux retombées locales inégales et concentrée sur des périodes limitées.


Les règlements

Les parcs nationaux doivent constamment maintenir un équilibre entre leurs missions de protection et d’accueil. La protection ne doit pas conduire à l’exclusion, et la fréquentation ne doit pas devenir une sur-fréquentation entraînant des dégâts parfois irréversibles sur le milieu.

La réglementation du parc est parfois perçue comme un obstacle à l’évolution touristique. Il y a sur le terrain une certaine tension entre les partisans d’un développement économique mesuré, soutenu par les communes et tous les acteurs de l’économie locale, et la réglementation de la zone centrale du parc, perçue comme un frein au développement.


Charte d’environnement et de développement

Cette charte signée en 1996, présente les axes structurants de la politique du parc. Elle indique les méthodes de travail et précise quelques actions spécifiques majeures en zone centrale.

L'enjeu d'un développement durable de ce territoire répond à ces caractéristiques : maintenir et développer la présence et l'activité
humaines en s'appuyant, tout en les préservant, sur les ressources patrimoniales, naturelles et culturelles .

Objectifs :

1 Préserver et enrichir notre patrimoine : inventaires et études, planification et prise en compte de l’environnement, politiques volontaristes.

2 Soutenir une sylviculture et une agriculture productrices de produits locaux de qualité et prestataires d’un entretien de l’espace, dans un souci de diversité paysagère et biologique.

3 Encourager un tourisme de découverte, fondé sur un patrimoine riche et structuré, dans une forme de fréquentation étalée dans l’année et bénéfique aux acteurs locaux.

4 Développer le tissu social et culturel, en affirmant l’identité de ce pays et en recherchant des solutions adaptées aux conditions spécifiques de la vie en haute montagne.



Le secteur de Pelvoux



Le Pré de Madame Carle

medium_1_pre_de_madame_carle_5_.2.JPG

Le Pré de Madame Carle (1840 m) est situé dans le Parc National des Écrins, au pied du Glacier Noir et du Glacier Blanc, dans les Hautes Alpes.
L’accès au site passe dans un premier temps par le transport routier. Le massif renvoie à une logique d’encerclement, où la seule intrusion de la zone centrale du parc se situe dans la vallée de la Vallouise qui mène au Pré de Madame Carle.
Il s’agit du site touristique le plus fréquenté des Hautes Alpes.
Cette brèche, créée en 1938 pour la mise en valeur du secteur de Pelvoux, permet d’approcher à 1800 m d’altitude, sans sortir de sa voiture, l’un des panoramas les plus impressionnants des Alpes françaises.

Départ des sentiers et lieu de contemplation, le Pré de Madame Carle reçoit chaque année pendant la période estivale plusieurs centaines de milliers de visiteurs, avec des pointes atteignant 500 véhicules par jour.
Suivant le résultat des études de fréquentation réalisées très régulièrement par le parc national, le site est fréquenté par 10% à 15% d’alpinistes attirés par la célèbre Barre des Ecrins, 30 % de promeneurs ne s’éloignant pas à plus de quinze minutes de marche de leur véhicule, et 55% à 60% des visiteurs venant randonner en moyenne trois heures pour observer la langue glacière du Glacier Blanc. Environ quatre vingt douze milles personnes ont emprunté le sentier menant aux refuges du Glacier Blanc (chiffre de 1991 calculé du 15 juin au 15 septembre)

Une telle fréquentation a forcément des conséquences sur la faune et la flore. Le rôle du parc est de les minimiser. Malgré les interdictions, il est de coutume d’échanger une photo contre un morceau de pain avec les marmottes.


Le Glacier Blanc
medium_5_le_glacier_blanc_13_.JPG

Beaucoup de randonneurs s’arrêtent à la vue de la langue glacière.
Il y a prés de 150 ans, le Glacier Blanc descendait jusqu’au Pré de Madame Carle pour y rejoindre le Glacier Noir, mais par suite du réchauffement du climat, le glacier est aujourd’hui remonté très haut au niveau du refuge du Glacier Blanc. Seules les eaux se cherchent encore en serpentant dans ce célèbre pré. Le Glacier Blanc a ainsi reculé de 1,8 km depuis 1815, et le recul continue d’environ 25 m par an.

Le glacier s’écoule sous l’effet de son propre poids et de la pente comme un fluide très visqueux. Un flocon de neige tombé au sommet du dôme mettra environ un siècle pour atteindre le bout du glacier. C’est sous les zones plates que l’on trouve les épaisseurs de glace les plus grandes. Sous le refuge des Ecrins on atteint 280 m au centre du courant.


Les aménagements


Camping d’Ailefroide 1507 m:
medium_campsite03.jpg

A cinq kilomètres du Pré de Madame Carle, Ailefroide, autrefois hameau d’alpages, est la porte d’entrée de la zone centrale du parc. Les prés et les alpages ont maintenant fortement régressé au profit d’un terrain de camping. Pendant la saison estivale, le camping d’Ailefroide, cinq fois plus grand que le village même, attire les randonneurs, les escaladeurs, et les alpinistes, de toute l’Europe. Ce site est réputé pour les murs d’escalade qui l’entourent et la proximité du Glacier Blanc.
Le village de faible densité est composé sur un plan libre, et ne présente pas d’alignement sur la rue. L’espace urbain n’est alors qualifié que d’une route goudronnée à double sens et d’espaces résiduels non traités qui se transforment en parking pendant la saison.


Parking du Pré de Madame Carle 1840 m:
medium_1_pre_de_madame_carle_12_.JPG

Cette facilité d’accès dans ce site naturel a entraîné une dégradation de la flore, une érosion du sol, et l’abandon de déchets en périphérie. Pour redonner une image paisible et sauvage du lieu, entre 1994 et 1996 il a été incontournable d’aménager une aire de stationnement de 700 places et d’améliorer des équipements d’accueil. Cette réalisation « réversible » favorise « l’insertion » des aménagement dans l’environnement en excluant tout apport exogène, et en privilégiant les matériaux abiotiques (les minéraux), biotiques (les végétaux) . Un service de navettes gratuites a également été mis en place durant la haute saison pour réduire le nombre de véhicules en zone centrale du parc, soit deux aller-retours le dimanche, le lundi et le mercredi.


L’accueil du Pré de Madame Carle:

Durant la saison touristique, au départ du sentier du Glacier Blanc, le centre d’information propose une exposition permanente qui retrace l’évolution du glacier au cours du temps. Un coin boutique, une buvette et des sanitaires sont également présents sur le site.


Les sentiers:

Les sentiers font partie de la culture de la montagne, il est de la responsabilité du Parc National des Ecrins de les conserver et de les valoriser. Après le diagnostic des pathologies et désordres du sentier (ripage et roulage des cailloux, creusement d’ornières, débordement des flux…) différentes mesures sont prises en fonction de la localisation, la fréquentation, le sol, la valeur paysagère et patrimoniale (dallages, emmarchements, murets de soutènement, drains…).

Sur le sentier menant au Glacier Blanc se pressent 92 000 personnes du 15 juin au 15 septembre avec des pointes à 2000 personnes par jour (chiffre relevé en 1991) . Pour limiter l’érosion, le premier tiers du sentier est pavé, rythmé d’emmarchements et de rigoles.


Les refuges

Le secteur du Glacier Blanc accueille quatre refuges. Le refuge Cézanne et le refuge Tuckett ne fonctionnent pas pendant la saison, tandis que le refuge du Glacier Blanc et le refuge des Ecrins offrent prés de130 places chacun.
Prés de 17 000 personnes par saison dorment dans ces deux derniers refuges, alors que la plupart des refuges se situent en moyenne entre 1000 et 4000 nuitées par saison.
Leur succès est surtout dû aux sommets qui les entourent.


Le refuge Cézanne:
medium_Cezanne_3.jpg

Refuge de moyenne montagne, non gardé.
Altitude : 1 840 m
Construction : »murs et toit » traditionnels.
Le refuge Cézanne a été édifié en 1877 à proximité (à l’époque) de la chute du Glacier Noir, situé au Pré de Madame Carle. Aujourd’hui il est un refuge de bord de route fermé à tous les utilisateurs en été. C’est l’hiver qu’il retrouve sa fonction et son isolement. Il doit son nom à Ernest Cézanne, député des Hautes - Alpes, et deuxième président du CAF.


Le refuge Tuckett:

Refuge de moyenne montagne, non gardé.
Altitude : 2 438 m
Construction : « murs et toit » traditionnels.
Aménagé en refuge en 1886, il est très vite devenu trop petit pour accueillir le nombre croissant d’amateurs de haute montagne. Il a été restauré en1986 en musée in situ de l’histoire de l’alpinisme.


Refuge du Glacier Blanc:
medium_4_refuge_du_glacier_blanc_3_.JPG

Refuge gardé de moyenne montagne
Types d’utilisateurs : randonneurs et alpinistes
Altitude : 2550 m
Dénivelé : 650 m
Temps d’accès : 2h
Difficulté : importante
Construction : « murs et dalles » contemporain.

Pour répondre à la demande grandissante, les Ponts et Chaussées entreprirent de construire une bâtisse plus importante en 1938. Les matériaux étaient montés à dos de mulet et dos d’homme, les lourds blocs de pierres taillés directement sur place.
A la vue de la langue glacière, le refuge du Glacier Blanc est un des refuges du massif les plus visités en but de randonnée. 49% des personnes ayant atteint le refuge n’y passe pas la nuit. Le refuge et son gardien (plus six employés) doivent donc faire face a un flux d’environ 500 personnes par jour.


Refuge des Ecrins:
medium_6_refuge_des_ecrins_6_.JPG

Refuge gardé de haute montagne
Type d’utilisateurs : alpinistes
Altitude : 3180 m
Dénivelé : 1300 m
Temps d’accès : 4h
Difficulté : élevée
Construction : « murs et dalles » contemporain

Après le refuge du Glacier Blanc, le sentier remonte la moraine droit au-dessus du refuge et rejoint le glacier qu’on suit par la rive gauche. Le refuge des Ecrins, construit entièrement en pierre en 1969 sur un éperon rocheux, domine le glacier et remplace le petit refuge Caron de 1903.
Le refuge des Ecrins subit une progression des nuitées de 18% en 6 ans soit 1600 personnes de plus en 6 ans. La principale raison se trouve dans la notoriété internationale de la Barre des Ecrins.

12:30 Publié dans Le mémoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

Bibliographie

Lance FUNG – Snow snow architecture de glace - Editions Thames & Hudson, Chine, 2004.

Dominique GAUZIN-MULLER - L’architecture écologique – Moniteur (Editions DU), Paris, 2001.

Gaston BACHELARD – La poétique de l’espace - 8° éd. Presses universitaires de France, 2001

Icomos - Accueil, aménagement et gestion dans les grands sites : Pré de Madame Carle – Actes de congrès, 1999.

Jean-Paul BRUSSON – Architecture et qualité des lieux en montagne Cordon, Megève, Flaine – édition cent pages- Aubenas d’Ardèche, 1996.

Restauration de la couverture végétale sur le Pré de Madame Carle : mission de suivi – Edition Carex Environnement, 1995.

A. BERQUE – Cinq propositions pour une théorie du paysage- Champ-vallon, 1994.

Parc National des Ecrins, commune de Pelvoux : réhabilitation écologique et paysagère du Pré de Madame Carle - Edition Carex Environnement, 1993.

Michel BARRUE, Jean-Henri FABRE – Architecture montagnarde et intégration du risque catastrophique – Ministère de l’équipement du logement, des transports et de la mer, école d’architecture de Toulouse, 1993.

Jean DEROUDILLE, Janine MOLKHOU, Pierre TOURRET – Construire en Montagne - Edition Qualité Construction – Montrouge, 1990.

Patrice Robin – Montagnes et refuges – Edition UPA Nancy – octobre 1976

Bernard Debarbieux – Tourisme et Montagne - Edition Economica - Paris1995

Phyllis Richardson – XS, Grandes idées, Petites structures – Edition Thames & Hudson – Paris 2002

David Wright – Manuel d’architecture naturelle – Editions Parenthèses – Marseille 2004


Mémoire - Travaux de fin d’Etude

Caroline CAVE – La terre révélée par l’architecture – TPFE Ecole d’Architecture de Strasbourg 2004.

Jérôme HECKY – Lieu et identités – TPFE Ecole d’Architecture de Strasbourg 1996.

A. RYSER – L’architecture et le lieu – TPFE Ecole d’Architecture de Strasbourg 1994.

Jérôme Gros - Spécificités d'un hébergement touristique de haute-montagne - Etude géographique des refuges du massif des Ecrins - Université de Savoie, Centre Interdisciplinaire Scientifique de la Montagne, département de géographie, 2002

Guillaume ANDREOLETY – Analyse et traitement des déchets dans un contexte de haute montagne, valorisation des déchets cartons/plastiques en sites isolés – Rapport de Projet de Fin d’Etude – Ecole National Supérieure d’Arts et Métiers – Chambéry 2003


Presse

La mutation des refuges - Alpinisme & Randonnée n° 255 – septembre 2004

Refuges : fréquentation décennale en légère progression – Montagne Expansion – octobre 1997

Spécial refuges– Refuges des Alpes Maritimes - 2003


Internet

Tourisme durable : http:// www.tourisme-durable.net
Le Pré de Madame Carle : http://www.vallouimages.com/lavallouise/pre-madame-carle.htm

Parc national des Ecrins : www.les-ecrins-parc-national.fr

Base documentaire des Ecrins :
http://www.espaces-naturels.fr/sdoc/bases/index.asp?pn=ecrins&op=index


Energie passive, le solaire thermique, chauffe-eau solaire, panneau solaire :
http://www.outilssolaires.com/Glossaire/pop-Trombe.htm, http://www.canren.gc.ca/tech_appl/index_f.asp?CaID=5&PgID=430,
http://www.ciele.org/filieres/solairethermique.htm
http://www.ademe.fr/particuliers/Fiches/cesi/index.htm

12:29 Publié dans Le mémoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note