« Le site | Page d'accueil | Projet: A l’échelle du bivouac »
19.06.2006
Conclusion
Le parcours
« Le Parc National des Ecrins souffre de ses ambiguïtés.
Le Parc est là pour protéger l’environnement, mais aussi pour accueillir du public, et la sur-fréquentation est nette dans certains secteurs ».
En France et ailleurs, on a souvent cherché à réduire les effets locaux d’une très forte fréquentation. Les chemins les plus parcourus ont été parfois empierrés (Suisse, Japon), couverts de grilles de métal (Australie) ou de planches de bois (Etats-Unis). Le piétinement du sol est amoindri et, avec de tels aménagements, il est plus facile de convaincre les promeneurs de ne pas s’écarter des sentiers.
Certains Parcs américains, victimes de leur succès, ont fixé des seuils de fréquentation à ne pas dépasser.
Dans le secteur de Pelvoux et plus particulièrement au Pré de Madame Carle, différentes formes de dissuasion sont utilisées dans le projet pour favoriser le tourisme diffus .
En fermant l’accès de la zone protégée au Pré de Madame Carle pour déplacer le parking 10km plus bas à proximité de la Maison du Parc , on réduit inévitablement la fréquentation. Le parcours de la navette est alors ponctué de lieux d’information, d’éducation et de découverte. La coopérative d’artisans à Ailefroide valorise la culture locale et encourage la survie économique du secteur. Le Pré de Madame Carle devient une zone d’observation, d’animation, de pique nique accessible aux handicapés. On peut enfin profiter du paysage, de la vue de la langue glacière, sans l’éblouissement parasite produit par 500 véhicules au soleil.
Actuellement, cette démarche a le soutien du Parc National des Ecrins qui souhaiterait déplacer le parking du Pré de Madame Carle. La commune de Pelvoux, propriétaire du site, s’oppose à cette initiative qui risquerait de réduire la fréquentation et les retombées économiques du secteur.
Le projet tente ainsi de répondre aux intérêts de tous les partis.
Le bivouac
Après le refuge du Glacier Blanc et celui des Ecrins, le refuge-bivouac, dernière étape du parcours, recrée l’esprit des petits refuges du siècle dernier où les alpinistes se retrouvaient. A l ‘écart des sentiers, il est réservé à une certaine élite capable d’y accéder. Loin de toutes les préoccupations mercantiles des « refuge-hôtels », on y discute de l’expérience de la journée, de la course du lendemain, des passages difficiles, de la stabilité de la neige.
On peut toutefois se demander si cette nouvelle offre ne risque pas d’augmenter la fréquentation des sommets déjà bien saturés. Les partisans de la « wilderness », encouragent le dépassement de soi et de ses propres limites dans une nature hostile. Toute construction quelle qu’elle soit est alors bannie pour le bivouac sauvage (à la belle étoile, sous une tente).
Si le projet ne répond pas à toutes les attentes, il a au moins l’intérêt de générer des parcours d’accès, et de libérer des espaces vierges de tout équipement, des espaces d’aventure de dimension suffisante. La mise en place d’un refuge participe au contrôle de la fréquentation de des impacts d’un site.
Bien que le Club Alpin Français considère que le maillage de refuges est complet, un tel programme (à adapter sur chaque site) pourrait pourtant trouver sa place dans les zones périphériques trop souvent délaissées pour les zones centrales des différents parcs nationaux alpins. Il offre également l’opportunité de remplacer les refuges–bivouacs, simple « boites de tôle », en France ou en Italie qui ne comportent aucune isolation ni lumière naturelle.
12:30 Publié dans Le mémoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Bonjour,
J'ai apprécié votre étude, bien que l'ayant à peine parcourue. La définition du bivouac m'a surpris. Il s'agirait ici de refuges-bivouac permanents. Les refuges non gardés suisses répondent à votre définition, peut-être aussi ceux du parc de la Vanoise sauf qu'ils sont à moins de 5 h des parkings !. Mais je suis parfaitement d'accord avec l'organisation (et la philosophie de l'alpinisme) que vous proposez.
Merci pour traiter ce sujet, ça rafraîchit
Ecrit par : Claude Potard | 08.09.2006
Je me suis peut être mal exprimé, mais quand je mets suisse entre parenthèse dans la partie bivouac du mémoire, cela concerne le termes cabane, et pas la totalité des bivouacs. Pour le reste, je suis d’accord avec vous.
Merci pour l’intervention.
Marie
Ecrit par : Marie | 09.09.2006