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19.06.2006
Projet: A l’échelle du site
L’accueil en milieu montagnard : cheminement et progression
En s’appuyant sur la charte d’environnement et de développement du parc (p. 53), le projet de refuge-bivouac, sujet central de ce travail de fin d’étude, s’intègre dans une réflexion globale sur l ‘accueil dans le secteur de Pelvoux. L’analyse de la situation actuelle souligne des carences ou des contradictions. Cette étude tentera de proposer des solutions par une intervention précise et progressive.
Observations
- Alors que le Pré de Madame Carle est dans la zone protégée du parc, il reçoit chaque année pendant la période estivale plusieurs centaines de milliers de visiteurs, avec des pointes atteignant 500 véhicules par jour. Ainsi, la volonté de préservation de la zone centrale du parc va à l’ encontre de la politique actuelle d’accueil et d’accès au Pré de Madame Carle. Cette ambiguïté doit être reconsidérée.
- En période estivale, le hameau d’Ailefroide est envahi par les automobiles, et le piéton y trouve difficilement sa place. Le manque d’une hiérarchie et d’une centralité de l’espace urbain se fait ressentir.
- La préservation d’une culture montagnarde passe par la valorisation d’un savoir-faire, et la protection d’un patrimoine naturel se transmet par l’éducation.
- La montagne accueille un public aux besoins variés, qu’on peut répartir dans cinq catégories:
. le résident veut préserver son patrimoine
. le touriste au budget élevé recherche un folklore montagnard
. le promeneur vient se ressourcer en observant le paysage montagnard
. le randonneur cherche l’effort et la proximité d’une nature abondante
. le sportif dépasse ses propres limites pour atteindre un objectif
Programme
De la voiture au glacier, de 1200m à 4000m, cinq lieux d'accueil, cinq fréquentations différentes sont alors mises à jour. Le parking du Pré de Madame Carle, à 1800 m d’altitude, est déplacé pendant la saison estivale à côté de la maison du Parc de Vallouise, à 1200 m d’altitude. La mise en place d’une navette gère les déplacements de Vallouise jusqu’au départ des sentiers en passant par le hameau d’Ailefroide.
La nouvelle normalisation s’applique aux différents refuges et un nouveau lieu d’accueil voit le jour à plus de 3500 m d’altitude : le refuge-bivouac
Cinq sites d’interventions :
1 Le parking : accueil des promeneurs, randonneurs, alpinistes, résidents
- Parking de 700 places
- Départ de la navette
- Accueil et information temporaire
- Sanitaires
Contraintes : intégration du parking à l’environnement existant.
Situation : Vallouise, à proximité de la maison du parc, zone périphérique du parc.
2 Coopérative d’artisans: valorisation de la production et de la culture locale
- Coopérative de produits locaux (vente, initiation, dégustation)
- Maison de la culture locale (écomusée, expositions temporaires, animations)
Contraintes : aménagement et requalification des espaces urbains d’Ailefroide.
Situation : Ailefroide, zone périphérique du parc.
3 Départs des randonnées : accueil des promeneurs et randonneurs
- Arrivée de la navette
- Bureau des guides et des gardes moniteurs (accueillir, éduquer, divertir)
- Zone d’observation de la faune et de la flore (observer)
- Panneaux d’information (renseigner)
- Aires de pique-nique et de repos (protéger)
- Sanitaires
Contraintes : interventions minimales, pour le maximum de protection dans la zone centrale du parc.
Situation : Pré de Madame Carle, zone centrale du parc.
4 Le refuge : accueil des randonneurs et alpinistes
- Bâtiments existants : refuge du Glacier Blanc, et refuge des Ecrins (restauration et hébergement)
Contraintes : cohabitation des randonneurs et des alpinistes, mise aux normes des édifices (hygiène, sécurité, confort).
Situation : refuge du Glacier Blanc, refuge des Ecrins (refuges existants).
5 Le bivouac : accueil des alpinistes confirmés (ski de randonnée, sport extrême…)
- Module préfabriqué, héliportable et autonome (hébergement, confort minimum, optimisation)
Contraintes : implantation sécurisée, apport en eau, chantier en site isolé.
Situation : zones éloignées à plus de 3000 m d’altitude.
Enjeux
Les attentes des visiteurs en matière de qualité de l’accueil vont de pair avec leur recherche d’authenticité, de sens, et de paysage. C’est l’image de la nature originelle et d’un patrimoine montagnard que les différents visiteurs recherchent.
Protéger ne veut pas dire figer les choses en l’état, et la meilleure façon de faire vivre ce patrimoine est sans doute de l’intégrer à une activité locale économique, éducative et associative.
« Qu’ils aient été gérés par des acteurs locaux ou nationaux, publics ou privés, les lieux touristiques sont rarement maintenus dans leur simple état naturel. Parce qu’ils sont consommés par des touristes aux besoins variés, parce qu’ils procurent emplois et revenus à quantité de personnes, ces lieux sont dotés d’aménagements destinés à satisfaire les attentes de tous ceux qui s’y trouvent impliqués ».
L’enjeu des cinq interventions proposées est de répondre aux besoins variés des différents acteurs, tout en préservant et en valorisant le patrimoine naturel et culturel. Il faut ainsi accueillir les touristes, promouvoir la culture locale, valoriser le patrimoine du parc, abriter les randonneurs et les alpinistes.
D’un point de vue architectural, il est essentiel de dégager le langage des sites pour établir un dialogue entre le construit et le non-construit. Les cinq structures d’accueil sont élaborées en dialogue avec la matérialité du site, la topographie, l’ouverture de ses paysages, et la part de subjectivité liée à l ‘émotion.
Ainsi tout en répondant à une démarche de haute qualité environnementale, l’attitude sera différente dans la zone périphérique du parc ou dans la zone centrale, dans un espace naturel ou en milieu urbain, à 1200 m ou à 3500 m d’altitude.
Rapport nature/architecture : références architecturales
« Comment répondre à l’enjeu du paysage ou d’une région sauvage d’une façon qui mette en valeur la nature et enrichisse l’expérience que nous avons ? »
Toute intervention sur un paysage induit une modification qui, selon l’attitude choisie par le concepteur, va générer, respecter ou rompre un équilibre pour en créer un autre.
Se fondre dans l’environnement plutôt que le maîtriser ?
Pour Mario Botta, la seule possibilité de reconnaître la nature est de s’y opposer, d’entrer en confrontation avec elle, pour récréer un nouvel équilibre.
Selon Gregotti « L’architecture a la tâche de révéler, à travers la transformation, l’essence du contexte environnant. »
Sur le secteur de Pelvoux différentes attitudes seront empruntées. De par leur taille et leur désignation, la Maison du Parc et la coopérative d’artisan prendront position dans leur contexte. A l’image du Belvédère de Maryhill (page suivante), ces structures massives dialogueront avec l’environnement pour le prolonger.
A l’inverse, l’intervention en zone centrale protégée sera plus discrète et précise. Tel un travail d’acupuncture, les aménagements de départ des sentiers et les bivouacs agiront sur un point précis qui révélera l’immensité du monde naturel qui l’entoure. « La traversée », cheminement photographique et littéraire (page suivante), illustre cette idée.
Belvédère de Maryhill, Washington, Etats-Unis, : Allied Works Architects : Allied Works Architects
« Selon le point de vue d’où l’on se situe, le belvédère donne l’impression d’être un espace habitable ou bien semble disparaître dans le paysage qui l’entoure… et crée ainsi une frontière et des ouvertures dans un paysage virtuellement infini. »
Le niveau supérieur constitue le prolongement d’une saillie naturelle du terrain tandis que les autres niveaux s’organisent en fonction de la pente.
La Traversée
« Réapprendre à se retourner et à découvrir le paysage dans l’autre sens »
Le cheminement photographique et littéraire proposé sur l’itinéraire du refuge du Châtelet, a suscité des réactions contradictoires, entre les partisans d’une nature vierge et les visiteurs attirés par l’art, la culture et la photo .
Aménagement paysager en montagne, Formigueres,
Architecte : Miquel Battle

Dans les Pyrénées, la fréquentation intensive du site classé du lac des Bouillouses, à 2017 mètres d’altitude, a donné lieu à un projet d’aménagement d’espace public qui se fond dans le paysage. Il comprend l’aménagement d’un parking de 600 places, un parcours, des abris-bus déplaçables et modulables, et autres guérites. Le chemin est nettement délimité par une bordure en Acier Corten qui se poursuit, devient muret de soutènement dans les parties aval, s’encastre dans le sol dans les parties amont, et se transforme à l’approche de la route en banc de repos pour finalement envelopper l’abri de la station de bus.
Esquisse de projet
Zone périphérique : 1- parking ; 2 - coopérative d’artisans
A l’écart de la ville, le parking sera traité comme un signal tout en mettant la voiture au second plan. En privilégiant les techniques de construction traditionnelles, l’identité de l’intervention portera sur le dialogue et la mise en valeur de la Maison du Parc et des chaînes de montagnes environnantes.
Pour le hameau d’Ailefroide, l’enjeu est très différent. Comment s’inscrire au milieu d’un patrimoine architectural reconnu ? La simplicité de l’intervention participera à la mise en valeur de ce contexte.
Zone centrale : 3 - départ de randonnées ; 4 – refuges ; 5 - bivouac
Les aménagements au départ des sentiers de randonnée s’inscrivent dans la politique de la zone protégée du Parc National des Ecrins qui impose la réalisation d’aménagements « réversibles » en favorisant « l’insertion » des aménagement dans l’environnement, en excluant tout apport exogène, en privilégiant les matériaux abiotiques (les minéraux) et biotiques (les végétaux) du site . Il ne s’agit pas d’extraire la roche, et d’abattre les arbres en zone protégée, mais d’intégrer la pierre (granite, gneiss) et les essences locales (pins sylvestre, hêtre, épicéa, chêne).
Pour le bivouac, l’héliportage de la structure ne permet pas de répondre aux contraintes liées à la matérialité du site (construction en pierre), mais sa légèreté d’implantation rendra l’installation réversible.
1. Accueillir
Le parking : accueil des promeneurs, randonneurs, alpinistes, résidents
Les voitures ne sont pas visibles depuis la route.
Un signal indique l’entrée du site.
Lieu d’information et départ de la navette.
2. Promouvoir
Coopérative d’artisans: valorisation de la production et de la culture locale
Densification de l’espace urbain
Aménagements urbains
Coopérative d’artisans
3. Interpréter
Départs des randonnées : Accueil des promeneurs et randonneurs
Le parking est dissimulé par la butte « Le Ban » et le bosquet de mélèzes.
Avec une pente de 5 %, le Pré de Madame Carle est accessible au plus grand nombre.
Le sentier est ponctué d’espaces de repos, d’observation, d’information, d’interprétation du site.
12:30 Publié dans Le mémoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Salut, super diplôme! les planches sont claires et belles. très beau coup de crayon et bon projet! Félicitations!
Je prépare mon tpfe aussi, septembre normalement...
Ecrit par : Marc | 29.05.2007
Bravo, trés beau diplôme, et que de boulot !!!
je prépare aussi mon TPFE sur un site de montagne (col de la bonette), et j'ai là un bel exemple !
Ecrit par : Renaud | 07.06.2007


