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19.06.2006
Le site
Le Parc National des Ecrins
Qu’est ce qu’un parc national ?
Un parc national est « un territoire généralement vaste dont la richesse biologique, la qualité paysagère, l’intérêt culturel et le caractère historiquement préservé justifient une protection et une gestion qui garantissent la pérennité de ce patrimoine considéré comme exceptionnel. »
Cet établissement public national dépendant du Ministère de l’environnement est composé de deux zones : la zone centrale, territoire classé soumis à une réglementation forte, et la zone périphérique regroupant les communes impliquées dans une ambition de développement local équilibré.
La gestion de l’espace naturel s’organise autour de deux axes majeurs : la conservation dynamique de la biodiversité et la mise en œuvre d’un développement durable avec l’aide des communes. Restauration du patrimoine architectural, observation, étude scientifique, protection et réinsertion d’espèces menacées sont ainsi les différentes missions d’un parc.
L’organisation de l’accueil, l’information et la sensibilisation du public jouent un rôle essentiel dans la démarche de protection : inciter, éduquer, persuader plutôt qu’interdire; contractualiser plutôt qu’écarter. Un parc national est un territoire naturel, ouvert à tous, mais soumis à une réglementation qui relève d’un code de bonne conduite.
Le Parc National des Ecrins
Entre Gap, Grenoble et Briançon, le Parc National des Ecrins, créé en 1973, est le plus grand et le plus haut des sept parcs nationaux de France. Avec 17 000 ha de glaciers il se définit comme le « parc européen de la haute montagne » . La chaîne des principaux sommets structure l’ensemble du massif selon une topographie complexe qui culmine à 4102m d’altitude à la barre des Ecrins.
Contrairement au « Parc National de la Vanoise qui valorise principalement la découverte de la nature, le Parc des Ecrins valorise davantage l’effort physique ». La vocation des refuges le confirme, puisque sur 29 refuges gardés, 15 reçoivent principalement des alpinistes.
Le parc représente pour les visiteurs une garantie de qualité, valorisée par les diverses actions auprès du public : expositions, conférences, rencontres avec les garde-moniteurs , animations artistiques et culturelles (stages de photographie de la nature, sites d’observation encadrés...)
Le parc a une mission de protection de l’espace et des milieux. Il doit donc veiller à conserver des espaces vierges de tout équipement et hébergement, des espaces d’aventure de dimension suffisante.
Le parc présente des caractéristiques socio-économiques significatives, aussi bien en terme d'état que d'évolution :
- une occupation humaine de faible densité (10 hab/km²)
- des services publics et un tissu commercial et artisanal regroupés dans les bourgs
- une activité agro-pastorale traditionnelle en déclin
- un fort développement de l'activité touristique, aux retombées locales inégales et concentrée sur des périodes limitées.
Les règlements
Les parcs nationaux doivent constamment maintenir un équilibre entre leurs missions de protection et d’accueil. La protection ne doit pas conduire à l’exclusion, et la fréquentation ne doit pas devenir une sur-fréquentation entraînant des dégâts parfois irréversibles sur le milieu.
La réglementation du parc est parfois perçue comme un obstacle à l’évolution touristique. Il y a sur le terrain une certaine tension entre les partisans d’un développement économique mesuré, soutenu par les communes et tous les acteurs de l’économie locale, et la réglementation de la zone centrale du parc, perçue comme un frein au développement.
Charte d’environnement et de développement
Cette charte signée en 1996, présente les axes structurants de la politique du parc. Elle indique les méthodes de travail et précise quelques actions spécifiques majeures en zone centrale.
L'enjeu d'un développement durable de ce territoire répond à ces caractéristiques : maintenir et développer la présence et l'activité
humaines en s'appuyant, tout en les préservant, sur les ressources patrimoniales, naturelles et culturelles .
Objectifs :
1 Préserver et enrichir notre patrimoine : inventaires et études, planification et prise en compte de l’environnement, politiques volontaristes.
2 Soutenir une sylviculture et une agriculture productrices de produits locaux de qualité et prestataires d’un entretien de l’espace, dans un souci de diversité paysagère et biologique.
3 Encourager un tourisme de découverte, fondé sur un patrimoine riche et structuré, dans une forme de fréquentation étalée dans l’année et bénéfique aux acteurs locaux.
4 Développer le tissu social et culturel, en affirmant l’identité de ce pays et en recherchant des solutions adaptées aux conditions spécifiques de la vie en haute montagne.
Le secteur de Pelvoux
Le Pré de Madame Carle
Le Pré de Madame Carle (1840 m) est situé dans le Parc National des Écrins, au pied du Glacier Noir et du Glacier Blanc, dans les Hautes Alpes.
L’accès au site passe dans un premier temps par le transport routier. Le massif renvoie à une logique d’encerclement, où la seule intrusion de la zone centrale du parc se situe dans la vallée de la Vallouise qui mène au Pré de Madame Carle.
Il s’agit du site touristique le plus fréquenté des Hautes Alpes.
Cette brèche, créée en 1938 pour la mise en valeur du secteur de Pelvoux, permet d’approcher à 1800 m d’altitude, sans sortir de sa voiture, l’un des panoramas les plus impressionnants des Alpes françaises.
Départ des sentiers et lieu de contemplation, le Pré de Madame Carle reçoit chaque année pendant la période estivale plusieurs centaines de milliers de visiteurs, avec des pointes atteignant 500 véhicules par jour.
Suivant le résultat des études de fréquentation réalisées très régulièrement par le parc national, le site est fréquenté par 10% à 15% d’alpinistes attirés par la célèbre Barre des Ecrins, 30 % de promeneurs ne s’éloignant pas à plus de quinze minutes de marche de leur véhicule, et 55% à 60% des visiteurs venant randonner en moyenne trois heures pour observer la langue glacière du Glacier Blanc. Environ quatre vingt douze milles personnes ont emprunté le sentier menant aux refuges du Glacier Blanc (chiffre de 1991 calculé du 15 juin au 15 septembre)
Une telle fréquentation a forcément des conséquences sur la faune et la flore. Le rôle du parc est de les minimiser. Malgré les interdictions, il est de coutume d’échanger une photo contre un morceau de pain avec les marmottes.
Le Glacier Blanc
Beaucoup de randonneurs s’arrêtent à la vue de la langue glacière.
Il y a prés de 150 ans, le Glacier Blanc descendait jusqu’au Pré de Madame Carle pour y rejoindre le Glacier Noir, mais par suite du réchauffement du climat, le glacier est aujourd’hui remonté très haut au niveau du refuge du Glacier Blanc. Seules les eaux se cherchent encore en serpentant dans ce célèbre pré. Le Glacier Blanc a ainsi reculé de 1,8 km depuis 1815, et le recul continue d’environ 25 m par an.
Le glacier s’écoule sous l’effet de son propre poids et de la pente comme un fluide très visqueux. Un flocon de neige tombé au sommet du dôme mettra environ un siècle pour atteindre le bout du glacier. C’est sous les zones plates que l’on trouve les épaisseurs de glace les plus grandes. Sous le refuge des Ecrins on atteint 280 m au centre du courant.
Les aménagements
Camping d’Ailefroide 1507 m:
A cinq kilomètres du Pré de Madame Carle, Ailefroide, autrefois hameau d’alpages, est la porte d’entrée de la zone centrale du parc. Les prés et les alpages ont maintenant fortement régressé au profit d’un terrain de camping. Pendant la saison estivale, le camping d’Ailefroide, cinq fois plus grand que le village même, attire les randonneurs, les escaladeurs, et les alpinistes, de toute l’Europe. Ce site est réputé pour les murs d’escalade qui l’entourent et la proximité du Glacier Blanc.
Le village de faible densité est composé sur un plan libre, et ne présente pas d’alignement sur la rue. L’espace urbain n’est alors qualifié que d’une route goudronnée à double sens et d’espaces résiduels non traités qui se transforment en parking pendant la saison.
Parking du Pré de Madame Carle 1840 m:
Cette facilité d’accès dans ce site naturel a entraîné une dégradation de la flore, une érosion du sol, et l’abandon de déchets en périphérie. Pour redonner une image paisible et sauvage du lieu, entre 1994 et 1996 il a été incontournable d’aménager une aire de stationnement de 700 places et d’améliorer des équipements d’accueil. Cette réalisation « réversible » favorise « l’insertion » des aménagement dans l’environnement en excluant tout apport exogène, et en privilégiant les matériaux abiotiques (les minéraux), biotiques (les végétaux) . Un service de navettes gratuites a également été mis en place durant la haute saison pour réduire le nombre de véhicules en zone centrale du parc, soit deux aller-retours le dimanche, le lundi et le mercredi.
L’accueil du Pré de Madame Carle:
Durant la saison touristique, au départ du sentier du Glacier Blanc, le centre d’information propose une exposition permanente qui retrace l’évolution du glacier au cours du temps. Un coin boutique, une buvette et des sanitaires sont également présents sur le site.
Les sentiers:
Les sentiers font partie de la culture de la montagne, il est de la responsabilité du Parc National des Ecrins de les conserver et de les valoriser. Après le diagnostic des pathologies et désordres du sentier (ripage et roulage des cailloux, creusement d’ornières, débordement des flux…) différentes mesures sont prises en fonction de la localisation, la fréquentation, le sol, la valeur paysagère et patrimoniale (dallages, emmarchements, murets de soutènement, drains…).
Sur le sentier menant au Glacier Blanc se pressent 92 000 personnes du 15 juin au 15 septembre avec des pointes à 2000 personnes par jour (chiffre relevé en 1991) . Pour limiter l’érosion, le premier tiers du sentier est pavé, rythmé d’emmarchements et de rigoles.
Les refuges
Le secteur du Glacier Blanc accueille quatre refuges. Le refuge Cézanne et le refuge Tuckett ne fonctionnent pas pendant la saison, tandis que le refuge du Glacier Blanc et le refuge des Ecrins offrent prés de130 places chacun.
Prés de 17 000 personnes par saison dorment dans ces deux derniers refuges, alors que la plupart des refuges se situent en moyenne entre 1000 et 4000 nuitées par saison.
Leur succès est surtout dû aux sommets qui les entourent.
Le refuge Cézanne:
Refuge de moyenne montagne, non gardé.
Altitude : 1 840 m
Construction : »murs et toit » traditionnels.
Le refuge Cézanne a été édifié en 1877 à proximité (à l’époque) de la chute du Glacier Noir, situé au Pré de Madame Carle. Aujourd’hui il est un refuge de bord de route fermé à tous les utilisateurs en été. C’est l’hiver qu’il retrouve sa fonction et son isolement. Il doit son nom à Ernest Cézanne, député des Hautes - Alpes, et deuxième président du CAF.
Le refuge Tuckett:
Refuge de moyenne montagne, non gardé.
Altitude : 2 438 m
Construction : « murs et toit » traditionnels.
Aménagé en refuge en 1886, il est très vite devenu trop petit pour accueillir le nombre croissant d’amateurs de haute montagne. Il a été restauré en1986 en musée in situ de l’histoire de l’alpinisme.
Refuge du Glacier Blanc:
Refuge gardé de moyenne montagne
Types d’utilisateurs : randonneurs et alpinistes
Altitude : 2550 m
Dénivelé : 650 m
Temps d’accès : 2h
Difficulté : importante
Construction : « murs et dalles » contemporain.
Pour répondre à la demande grandissante, les Ponts et Chaussées entreprirent de construire une bâtisse plus importante en 1938. Les matériaux étaient montés à dos de mulet et dos d’homme, les lourds blocs de pierres taillés directement sur place.
A la vue de la langue glacière, le refuge du Glacier Blanc est un des refuges du massif les plus visités en but de randonnée. 49% des personnes ayant atteint le refuge n’y passe pas la nuit. Le refuge et son gardien (plus six employés) doivent donc faire face a un flux d’environ 500 personnes par jour.
Refuge des Ecrins:
Refuge gardé de haute montagne
Type d’utilisateurs : alpinistes
Altitude : 3180 m
Dénivelé : 1300 m
Temps d’accès : 4h
Difficulté : élevée
Construction : « murs et dalles » contemporain
Après le refuge du Glacier Blanc, le sentier remonte la moraine droit au-dessus du refuge et rejoint le glacier qu’on suit par la rive gauche. Le refuge des Ecrins, construit entièrement en pierre en 1969 sur un éperon rocheux, domine le glacier et remplace le petit refuge Caron de 1903.
Le refuge des Ecrins subit une progression des nuitées de 18% en 6 ans soit 1600 personnes de plus en 6 ans. La principale raison se trouve dans la notoriété internationale de la Barre des Ecrins.
12:30 Publié dans Le mémoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
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Ecrit par : Cosmos | 22.08.2008