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19.06.2006
Le refuge
« Bâti de pierres, tendu de toile ou tissé de rêve, tout refuge est d’abord un refuge imaginaire. Contre le froid, la nuit, la peur. Contre la solitude. Et cet imaginaire unit les hommes qui le construisent comme ceux qui l’utilisent, ceux qui le gardent comme ceux qui le cherchent, ceux qui le découvrent et ceux qui le retrouvent, ceux qui le quittent enfin pour rejoindre la vallée. »
Jean-Olivier Majestre
Histoire des refuges
Quelques dates :
1850 – 1851 Apparition des premiers abris-refuges
1853 Création du premier refuge de haute montagne sur la voie classique du Mont Blanc : la cabane des Grands Mulets (3 051 m)
1920 – 1940 Apparition des grands refuges d’altitude et du concept de préfabrication, avec l’essor de l’alpinisme hivernal.
1958 Apparition de l’héliportage.
1985 –1995 Les refuges revendiquent une autonomie énergétique et deviennent de vrais objets architecturaux.
1994 Extension des normes ERP (établissement recevant du public) aux refuges, début de la campagne de rénovation, et réhabilitation du Club Alpin Français.
2000 Charte de qualité des refuges des Hautes-Alpes.
Le refuge
L’aménagement des sentiers et la construction des refuges a entraîné quelques résistances d’une partie des montagnards pour qui la montagne rime avec liberté et qui voient dans le refuge une facilité interdisant l’exploit et donc le dépassement de soi.
Néanmoins, pour beaucoup, « le refuge s’identifie à un lieu de survie et d’utilité publique au confort sommaire mais suffisant, un lieu de rencontre entre montagnards avertis »
Il existe deux type de refuge, le refuge gardé et le refuge non gardé.
Lorsqu’ils sont gardés, le gardien remplit une mission d’accueil, de cuisine, de secours, d’information et d’aide aux usagers par sa connaissance du terrain et de la météo.
La durée moyenne de gardiennage estival est de 99 jours, soit 3 mois et une semaine.
Hors gardiennage, la plupart des refuges restent ouverts aux visiteurs, et mettent à disposition la salle et un dortoir avec couverture.
En 2000, la charte de qualité des Hautes-Alpes définit de manière précise le refuge, les normes de qualité, de construction, et ses prestations. Les deux objectifs de la charte sont l’amélioration de l’accueil et celle du confort.
Dans les pratiques des visiteurs, l’alpinisme et la randonnée itinérante se situent à un niveau équivalent (36% et 34%). Le ski de randonnée (9%) et l’escalade (3%) restent marginaux tandis que les randonnées dont l’objectif est la nuit en refuge représentent 18% des nuitées (chiffre relevé en 1997) . Si la fréquentation des alpinistes pour les grandes courses est à la baisse, celle des alpinistes d’un jour, consommation de masse, attire une foule croissante, et celle des randonneurs à pied et en ski progresse.
Comment ça marche ?
Tarif
La nuitée : 9 à17 euros
Le petit déjeuner : 4,50 à 7 euros
Le repas : 12,70 à 17 euros
La demi-pension : 27,50 à 34 euros
Mode d’emploi
La réservation se fait par téléphone, mais le gardien ne pourra néanmoins pas refuser les arrivants. Dans le sas d’entrée, il est prévu de laisser le matériel encombrant (chaussures, piolets, cordes..). Des chaussons d’intérieur sont mis à disposition, ainsi que des paniers servant à ranger le petit matériel personnel dans la salle à manger. Un coin repas « hors sac » s’organise dans la salle à manger, avec au mieux du gaz et de l’eau courante.
Le dîner est servi à 19 h. Les alpinistes se couchent à 21 h pour se lever à 3h du matin , évitant ainsi le réchauffement de la journée qui rend la neige instable.
Les dortoirs de 6 à 18 lits sont équipés de couvertures, et les draps sont souvent proposés en location. Le couchage traditionnellement en bat-flancs, est constitué de l’alignement sur un ou deux niveaux de couchettes de 0,70 m x 2 m.
Il est opportun d’informer le gardien des projets de chacun afin qu’il puisse déclencher des secours si le retour ne se fait pas dans les horaires prévus.
Les déchets combustibles sont incinérés sur place et leurs résidus évacués dans la vallée. Chacun est convié à redescendre ses déchets dans la vallée.
Associations alpines
En France, les refuges appartiennent pour 28% au CAF, 4 % à la STD , 11% au Parc National de la Vanoise, 12 % aux communes et 45 % aux privés .
Contrairement au Parc National de la Vanoise, le Parc national des Ecrins n’est pas propriétaire des refuges ; 63% d’entre eux appartiennent au Club Alpin Français qui en assure la gestion.
Le CAF : Club Alpin Français
Après l’Autriche, la Suisse, l’Italie et l’Allemagne, en 1874 la France s’est dotée de son club alpin. Reconnue d’utilité publique, la Fédération française des clubs alpins et de montagne regroupe 235 clubs et sections qui proposent la pratique d’activités de pleine nature. Elle compte aujourd’hui 90 000 membres, de tous âges et de tous niveaux. Elle est par ailleurs gestionnaire de 142 refuges de haute et moyenne montagne, répartis sur l’ensemble des massifs de France.
Leurs missions :
- organiser des activités sportives ou de loisir en montagne,
- proposer des stages ou formations
- promouvoir des actions de préservation du milieu montagnard
- valoriser un patrimoine de 142 refuges
Depuis 1970, le CAF considère que le maillage de refuges est complet. Il concentre ses efforts sur l’agrandissement et la modernisation des refuges existants, dont une forte majorité a plus de 30 ans.
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