19.06.2006
Introduction
La France possède une gamme très variée d’espaces naturels, dont une faible partie est soumise à un règlement de protection (sites classés, parcs naturels, réserves naturelles...). Le développement du tourisme représente à la fois une menace de dégradation des milieux et des paysages, et une source de valorisation du patrimoine naturel. De nombreux sites protégés de montagne posent ainsi des problèmes de préservation.
Le Pré de Madame Carle (1840 m), situé dans le Parc National des Écrins, au pied du Glacier Noir et du Glacier Blanc dans les Hautes Alpes, illustre ce phénomène. Principalement utilisé comme base de départ pour les randonnées et les courses en montagne, il permet d’approcher en voiture l’un des panoramas les plus grandioses des Alpes françaises, en accueillant chaque année plusieurs centaines de milliers de visiteurs.
Les conséquences sur la flore propres aux lieux de fortes fréquentations ont été très rapidement observées pour faire l’objet de prise de mesures. En 1999, la zone de stationnement est aménagée, et les équipements d’accueil sont améliorés. Mais l’accueil prolongé des visiteurs pose encore de sérieux problèmes quand, en période estivale, le refuge du Glacier Blanc (2542 m) et le refuge des Ecrins (3175 m) ne suffisent plus pour répondre à la demande du tourisme massif.
En s’inscrivant dans une préoccupation contemporaine, mon travail de fin d’études soulèvera ainsi la question difficile de l’adéquation entre une activité touristique et la protection d’un site naturel.
La problématique repose alors sur la gestion et l’accueil prolongé de ce site, et la bonne mesure à trouver pour que ce milieu naturel de montagne puisse constituer un lieu de projet adapté.
Comment peut-on agir dans un site protégé sans le déséquilibrer ? Comment participer à sa préservation par des interventions précises? Peut-on envisager de réaliser l’ambition du « tourisme durable » par la régulation ?
En montagne, l’implantation de la plupart des refuges a été liée à la pratique de l’alpinisme classique. Aujourd’hui, les refuges sont devenus pour la majorité des gens un but de balade et ne peuvent donc plus fonctionner de la même manière. On assiste à une réelle mutation en ce qui concerne les normes d’hygiène et de confort.
Parallèlement à ce phénomène, les équipements de bivouac deviennent de plus en plus légers et performants, et offrent la possibilité aux alpinistes et grands randonneurs de ne plus s’arrêter en refuge, jugé alors trop cher et sur-fréquenté.
La problématique de l’étude consiste à offrir une alternative répondant aux attentes des pratiquants de la montagne fuyant les « refuges - hôtels », et ne cherchant pas prioritairement le confort.
La recherche pose ainsi les questions de rapport au paysage, du petit face à l’immensité, de la préservation d’un équilibre naturel, et du rapport entre nature et architecture. Deux niveaux d’étude doivent alors être pris en compte :
- à l’échelle du site : une organisation globale, en terme de gestion de l’accueil, de l’accès, des circulations, ainsi que des zones de repos/observations, qui ponctuent le parcours du visiteur.
- à l’échelle de l’homme : l’intégration d’une alternative au « refuge-hôtel » se traduit par un module écologique autonome, préfabriqué, transportable et adapté à la haute montagne. C’est ainsi l’occasion de travailler les thèmes de l’individuel et du collectif, en partant de la cellule minimum et des besoins d’un refuge. Tout en s’intégrant au site dans une démarche environnementale, ce module de 5m par 5m maximum, capable d’accueillir 8 personnes, sera un repère pour les alpinistes.
Avant de proposer une alternative, il est essentiel d’explorer le monde des refuges, de la montagne et des alpinistes. Une documentation sur le sujet, un vif échange avec les utilisateurs, et une expérience personnelle de randonnée glacière précèderont le projet et illustreront le rapport de présentation.
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